Ichnofossiles ( traces d'activité biologique ) :




Il est tout à fait exceptionnel que l'animal soit fossilisé auprès de la trace qu'il a laissé ( cas des Limules de Solnhofen par exemple ).
Les empreintes de pas des vertébrés peuvent parfois permettre une affectation à un animal ( au mieux, un genre ) grâce à la taille relative des phalanges par exemple ( cas des reptiles volants ).
Pour les invertébrés, la tâche est plus ardue et les suppositions plus nombreuses, c'est pourquoi les traces d'activité ont plutôt été nommées selon leur forme ( droite, bifurquée, bifide... ) et leur attribution à un type d'activité.

A.SEILACHER a ainsi créé 5 groupes:
  • CUBICHNIA :        Traces de repos ou de stationnement sur le sol;

  • DOMICHNIA :       Traces d'habitations;

  • FODINICHNIA :     Traces liées à l'alimentation;

  • PASCICHNIA :       Traces de frôlements, d'égratignures;

  • REPICHNIA :         Traces de rampement.

  • Cette catégorisation a par la suite été affinée : de nombreux groupes ont été ajoutés, parmi ceux-ci, il convient d'en mentionner deux représentés dans le Boulonnais:
  • EQUILIBRICHNIA : Traces d'entretien d'un terrier afin d'éviter sa dégradation.

  • PRAEDICHNIA : Traces de prédation.



  • A un niveau plus générique, il faut souligner l'importance des catégories de traces liées à 1:

  • BIOCLAUSTRATION: organisme non minéralisé incorporé dans la paroi d'un autre ( de plus grande taille ) au cours de leurs croissances respectives dans une relation symbiotique;

  • 'BIOEMMUREMENT' ('bioimmuration'): moulage naturel d'un organisme mou ou peu minéralisé par la coquille d'un autre croissant à ses côtés ou dont il fait partie de l'épifaune;

  • BIOEROSION: concaténation des termes "érosion" et "biologique", ce terme créé par C.NEUMANN, caractérise "le processus par lequel les animaux, plantes et microbes pénètrent des substrats solides" ( BROMLEY );

  • En paléoichnologie, le système binomial n'est utilisé que pour respecter la convention de nommage Linnéenne: il n'y a aucune correspondance avec un nom de genre et d'espèce étant donné l'impossibilité d'attribuer la quasi totalité des traces fossiles plus finement qu'au niveau de la Classe ( ex: l'ichnoespèce Rhizocorallium jenense attribué à un Crustacé ).
    Cette spécificité a nécessité la création des termes "ichnogenre" et "ichnoespèce" afin d'éviter toute confusion.

    Plusieurs types de traces fossiles peuvent être affectées à un même animal dans la mesure ou elles correspondent à des activités différentes ou à une même activité qui se serait déroulée sur des sédiments différents.
    Ainsi, une trace de repos ne s'imprime pas de facon identique sur un fond sableux et sur un sédiment moins meuble.
    Lorsqu'on peut distinguer des assemblages récurrents de traces fossiles d'activités, on parle de [palaeo]ichnocoenoses ( au singulier: un [palaeo]ichnocoenosis ).